Diabète : traitements et suivi

Quelles peuvent être les conséquences du diabète ?

Comment dépiste t'on les complications ?

  • Les traitements non médicamenteux contribuent efficacement à la prévention des complications, une bonne hygiène des pieds, des dents et de la peau permettent de prévenir certaines complications(1,2)
  • Un suivi régulier chez son médecin permet également de faire des bilans généraux afin de prendre en charge les autres facteurs de risque cardiovasculaires, rechercher un début de complication et le traiter(1)
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Quelles sont les complications possibles ?

À moyen ou long terme, le déséquilibre du diabète et un suivi insuffisant peuvent entraîner des complications pour l’organisme, au niveau des terminaisons nerveuses ou des vaisseaux(1,2).
Les complications du diabète sont la conséquence de concentrations sanguines de sucre trop élevées pendant une longue période, le non-dépistage d’une complication, l’absence de prise en charge précoce(2)... 

Cela peut favoriser l’atteinte des petits vaisseaux sanguins, on parle d’atteintes microvasculaires (ou microangiopathie) mais également des grosses artères, dans ce cas on parle d’atteintes macrovasculaires (ou macroangiopathie)(1).

  • L’atteinte microvasculaire peut concerner les yeux et plus particulière le cristallin et la rétine, les reins ou les membres inférieurs avec la neuropathie(1,2)
  • L’atteinte macrovasculaire peut, quant à elle, entrainer une mauvaise circulation des artères des jambes, du cœur ou du cerveau. Elles sont dues à l’hyperglycémie qui, à long terme, peut favoriser la production de plaques d’athérome pouvant obstruer les vaisseaux sanguins(1,2).
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Les complications du diabète

Quels sont les traitements médicamenteux du diabète ?

Il existe plusieurs familles de traitements médicamenteux. Le suivi et le traitement du diabète est personnalisé pour chaque personne. Le médecin généraliste ou le diabétologue discute avec la personne et décide du traitement le plus adapté et de ses objectifs glycémiques. Les traitements peuvent être administrés seuls ou associés entre eux(1).


Les personnes atteintes de type 2 peuvent prendre des traitements autre que l’insuline. Lorsqu’il s’agit d’un diabète de type 1, l'insuline est nécessaire.

Classe 1 : les biguanides

Les biguanides, comme la metformine, ont une action anti-hyperglycémiante mais ne donnent pas d’hypoglycémie. Ils réduisent la glycémie en diminuant la production du glucose par le foie, en diminuant l’insulino-résistance et en retardant l’absorption intestinale du glucose(3).

Classe 2 : les sulfamides hypoglycémiants et les glinides

Les sulfamides hypoglycémiants et les glinides stimulent la sécrétion d’insuline. Leur efficacité dépend de la capacité du pancréas à secréter de l’insuline. Ils améliorent la glycémie et peuvent occasionner des hypoglycémies ou une prise de poids(3).

Classe 3 : les inhibiteurs des alpha-glucosidases

Les inhibiteurs des alpha-glucosidases retardent l’absorption des glucides. Ils ne donnent pas d’hypoglycémie et peuvent avoir des effets indésirables gastro-intestinaux(3,4). Ils sont peu prescrits de nos jours car moins efficaces que les autres traitements et sans action de prévention cardiovasculaire(5).

Classe 4 : les incrétines

Les incrétines dont le GLP1 (Gluagon-like peptide-1 en anglais) sont des substances libérées par le corps pour stimuler la sécrétion d'insuline. On les utilise en injectant un analogue du GLP1 (en stylo une fois par semaine ou une fois par jour) ou en diminuant sa dégradation par le corps grâce aux gliptines en comprimé (iDPP4 : inhibiteurs de la dipeptidyl peptidase 4)(1,3,4).

Ces médicaments ont pour effet de :

  • Stimuler la sécrétion d’insuline uniquement quand la glycémie est élevée, ce qui limite le risque d’hypoglycémie(3,4) ;
  • Réduire la sécrétion de glucagon, qui contrôle la fabrication du glucose par le foie(3,4) ;
  • Diminuer l’appétit(3,4) ;
  • Ralentir la vidange gastrique (la vidange est un phénomène physiologique dont la finalité est de réguler l’arrivée des nutriments dans l’intestin grêle. Quand les médicaments la ralentissent, cela augmente la sensation de satiété et diminuent l’absorption du glucose par l’intestin d’où une baisse de la glycémie(1)

 Ces traitements occasionnent un faible taux d’hypoglycémies mais peuvent avoir des effets indésirables gastro-intestinaux(3,4). Ils ont prouvé leur intérêt en prévention cardiovasculaire également(5).

Classe 5 : les inhibiteurs du SGLT2

Arrivés plus récemment en France, les inhibiteurs iSGLT2 favorisent l’élimination via les urines, du glucose de l’organisme et leur but est de diminuer la réabsorption rénale du glucose en induisant ce que l’on appelle une glycosurie c’est-à-dire, la présence de glucose dans les urines(4).

 

Les insulines

Les personnes atteintes de diabète de type 1 et 2 peuvent avoir un traitement par insuline, mais l’insuline est le seul traitement du diabète du type 1(1,6). Il existe plusieurs catégories d’insulines et chacune joue un rôle bien précis.

Il existe les insulines dites « rapides », « ultrarapides », les « lentes », les « semi-lentes », « ultra lentes », ou bien encore les insulines dites « mixtes » qui sont un mélange d’insuline semi lente et rapide(6,7).

  • Les insulines d’action rapide : elles permettent une diminution rapide du taux de glucose sanguin.

Elles sont utilisées avant les repas pour limiter l’augmentation du glucose due à l’apport de glucides dans l’alimentation (une alimentation équilibrée comporte environ 50% de glucides dans l'alimentation). La quantité d’unités à injecter doit être adaptée en fonction du repas envisagé ou est fixé par le diabétologue en consultation. C’est également ce type d’insuline qui est utilisé pour corriger les hyperglycémies ou taux de glucose trop élevés. Il existe deux types d’insuline d’action rapide(8,9) :

  1. Les insulines rapides (les plus anciennes) identiques à l’insuline humaine agissent en environ 30 minutes durant 4 à 8 heures ;
  2. Les analogues rapides de l’insuline sont actifs en moins de 30 minutes après l’injection et leur effet dure environ moins de 3 à 5 heures. 
  • Les insulines intermédiaires (NPH par exemple) agissent durant 9 à 16 heures(9).
  • Les insulines d’action lentes : elles agissent en 1 heure 30 et durant environ 18 à 24 heures. 1 injection par jour est nécessaire dans la majorité des cas. La quantité doit être adaptée en fonction des objectifs de glycémie, souvent le matin au réveil(8).
  • Les insulines ultra-lentes : Elles agissent pendant environ 24h(6).
  • Les mélanges d’insuline (NPH et analogue rapide), le chiffre qui suit le nom de l’insuline correspond au pourcentage d’insuline rapide contenu dans le mélange(9).

Il existe plusieurs façons d’injecter l’insuline :

Les stylos à insuline jetable ou non (qui ont largement remplacé les anciennes seringues). Le stylo contient une cartouche remplie d’insuline. On peut faire varier très facilement la quantité à injecter(1,9).

Stylos à insuline

Les pompes à insuline externe : ces petits boîtiers, que les personnes traitées portent sur elles, sont reliés à un cathéter qui délivre de l’insuline sous la peau tout au long de la journée. Elles ne contiennent que de l’insuline rapide qui diffuse en sous cutané en permanence selon le taux défini(6,8,9).

Pompe à insuline

Les pompes à insuline patch : pompe de petite taille qui se « colle » directement sur la peau. L’insuline est diffusé via une canule (un petit tube) qui pénètre la peau lors de l’amorçage de la pompe. Elles ne contiennent que de l’insuline rapide qui diffuse en sous cutané en permanence selon le taux défini(6,8,9).

Pompe à insuline

Quelques exemples de bilan complémentaire dans le cadre du suivi d’un diabète


La personne atteinte de diabète est suivie régulièrement par son médecin généraliste et/ou son diabétologue. Il existe plusieurs examens possiblement demandés par le médecin(10,11) :

Plusieurs fois par an :

  • Le dosage de l’hémoglobine glyquée, ou HbA1c, est à effectuer tous les trois mois. Ce dosage permet de suivre la glycémie et d’évaluer l’équilibre du diabète sur une période de 3 mois – en complément des mesures de glycémie(11,12).
  • La tension artérielle afin de vérifier qu’elle est inférieure à 13/8, pour limiter le risque de complications(11).

Une fois par an(11)

  • Le bilan dentaire doit être effectué une fois par an comme pour toute personne. Cet examen permet de dépister des infections telles que les gingivites ou parodontites.
  • L’électrocardiogramme, ou ECG afin de vérifier le bon fonctionnement du cœur et dépister une complication cardiaque.
  • Le bilan rénal, avec une prise de sang et une analyse d’urine, pour dépister une éventuelle néphropathie diabétique.
  • Le bilan lipidique pour mesurer le taux de cholestérol et de triglycérides. Le diabète étant un facteur de risque cardio vasculaire, le médecin recherche les autres facteurs de risque cardiovasculaires qui seront ainsi pris en charge et un traitement pourra être proposé(13).
  • L’examen des pieds est réalisé de manière autonome lorsque la personne atteinte de diabète se lave. Le médecin examine également les pieds à la recherche d’une neuropathie diabétique (possible perte de sensibilité de la plante des pieds)(1).

Tous les ans : 

  • Le fond d’œil qui permet de rechercher une rétinopathie diabétique par exemple(11).  

Comment vivre au quotidien avec le diabète ? 

Quelle organisation au quotidien ?

Voici quelques conseils pour faciliter le quotidien d’une personne atteinte de diabète. 

Au quotidien, la gestion du diabète n’est pas toujours évidente. Il est important de bien s’entourer, par les professionnels de santé mais aussi son entourage. En cas de doute, n’hésitez pas à vous tourner vers votre médecin traitant, diabétologue ou autre professionnel de santé. Certains réseaux diabète pourront également vous accompagner en fonction de votre lieu d’habitation. Pensez à vous renseigner sur internet ou auprès de votre médecin(14).

Comme tout le monde, 

  • Privilégiez une alimentation équilibrée et faites-vous accompagner par un professionnel de la nutrition si besoin(14). Retrouvez ici un webinar sur l'alimentation vous présentant quelques conseils pour gérer son alimentation au quotidien.
  • Pratiquez une activité physique ou sportive, en fonction de vos goûts. Si vous n’êtes pas un grand sportif, ne vous inquiétez pas, vous pouvez marcher à votre rythme, prendre les escaliers au lieu de l’ascenseur, faire des activités de loisirs telles que du jardinage ou du bricolage par exemple. Toutes ces activités contribuent entre autres à l’équilibre de votre diabète(14).

Diabète et voyages

En cas de voyage, préparez-vous à l’avance. Parlez-en à votre médecin afin qu’il vous conseille au mieux et prescrive le cas échéant la quantité de traitements suffisante. Pensez également à suivre les conseils en cas d’hypoglycémie ou d’hyperglycémie et à surveiller votre glycémie plus fréquemment(15).

Qui contacter ?

Il existe partout en France des associations et réseaux de professionnels qui peuvent accompagner les personnes atteintes de diabète et les aider à optimiser le contrôle de leur diabète. 

Document d'environnement.
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Sources

  1. Vidal. Diabète de type 2. Page web mise en ligne le 6 mai 2021, consultée le 2 mai 2022.
  2. Ameli. Complications du diabète : les fondamentaux. Page web mise en ligne le 25 mars 2022, consultée le 4 mai 2022.
  3. Spada A. Place de la metformine dans le traitement du diabète. Rev Med Suisse. 2008;4:1392-7.
  4. Marium Modhumi Khan R et al. From pre-Diabetes to Diabetes: Diagnosis, Treatments and Translational Research. Medicina 2019;55(21):546.
  5. Halimi S. Leçons des grandes études cardiovasculaires et rénales portant sur les nouveaux antidiabétiques. Arch Cardiovasc Dis. 2019;11:S8-S17
  6. Inserm. Diabète de type 1, une maladie auto-immune de plus en plus fréquente. Page web mise en ligne le 11 juillet 2017, consultée le 4 mai 2022.
  7. Fédération des diabétiques. L’insuline : le traitement du diabète par l’insulinothérapie. Page web consultée le 2 mai 2022.
  8. Fougere E. Les insulines. Actua pharma 2021;606:55-57
  9. CEEDMM. Item 233 : diabète sucré de type 1. 2010-2011
  10. Ameli. Symptômes et diagnostic du diabète. Page web mise en ligne le 13 décembre 2021, consultée le 2 mai 2022.
  11. Ameli. Diabète : tout savoir sur les examens de suivi recommandés. Page web mise en ligne le 4 janvier 2022, consultée le 2 mai 2022.
  12. Fédération des diabétiques. L’HBA1c ou hémoglobine glyquée. Page web consultée le 15 juin 2022.
  13. IDF. Atlas du diabète. 9ème édition. 2019
  14. Vidal. Comment réagir en cas de diabète de type 2 ? Page web mise en ligne le 6 mai 2021, consultée le 2 mai 2022.
  15. Vidal. Préparer son voyage quand on est diabétique. Page web mise en ligne le 13 décembre 2020, consultée le 2 mai 2022.