Jeudi 06 juillet 2017 - Quotidien
enfant et diabete

On vient de diagnostiquer un diabète chez votre enfant ?

Ce n’est pas une nouvelle anodine, et vous pouvez vous sentir désemparé, angoissé. Voici quelques conseils pour accepter la nouvelle et réagir positivement.

Diagnostiquer un diabète chez l’enfant

L’annonce du diagnostic peut être un moment éprouvant… ou rassurant. « Quand l’enfant a des symptômes d’hyperglycémie très marqués, comme une fatigue et une soif très intenses, les parents peuvent être soulagés que l’on pose un diagnostic, que l’on mette des mots sur ce qu’a leur enfant » précise le Dr Sylvie Picard, diabétologue à Dijon.  « Pour beaucoup de parents, savoir que son enfant est diabétique est une source d’angoisse : on rentre dans un monde inconnu », note Isabelle Gillard, présidente de l’association ‘Il nous pompe ce diabète’. Un conseil : il est important, au moment de l’annonce du diagnostic, d’aborder avec le médecin les questions qui vous préoccupent, afin qu’il puisse vous rassurer et ne pas laisser la place au doute. De retour à la maison, pensez à noter les questions qui vous passent par la tête, pour les poser à la prochaine consultation. 

 

Accepter le diabète de l’enfant

On peut vivre (presque) normalement avec un diabète. « Le diabète ne sera pas un frein au développement de votre enfant, à sa croissance ou à sa pratique sportive » insiste le Dr Picard. On peut avoir un diabète et être sportif de haut niveau, chanteur (Neil Young), acteur (Sharon Stone, Halle Berry), réalisateur (George Lucas) ou même Miss (Miss Idaho-USA) ! « Aujourd’hui, les progrès technologiques permettent de mieux vivre avec un diabète : je pense aux pompes à insuline et aux lecteurs de glucose en continu. Avec les lecteurs en continu, on peut surveiller le taux de glucose sans réveiller l’enfant » explique le Dr Picard. 

 

Apprendre à équilibrer le diabète

Les complications liées au diabète peuvent également être source d’angoisse, « mais si le diabète est bien équilibré, il y a moins de risque de complications, rassure le Dr Picard. Et encore une fois, il est plus facile de bien équilibrer son diabète en 2017 que par le passé, grâce aux nouveaux matériels dont nous disposons ». Isabelle Gillard poursuit : « pouvoir contrôler son taux de glucose en continu, c’est rassurant : A l’adolescence, certains n’ont plus envie de se piquer les doigts au lycée, le lecteur en continu permet de bien surveiller le diabète ».

 

Parler du diabète à l’école

A l’école, il est important de prévenir le médecin, l’infirmière scolaire, et les professeurs que votre enfant est atteint de diabète. « Quant à en parler aux copains, tout dépend du choix de l’enfant, conseille le Dr Picard. Ce n’est pas forcément bon signe de ne pas vouloir en parler autour de soi, notamment au moment de l’adolescence, car cela peut être aussi révélateur d’une volonté de ne pas mesurer sa glycémie, de rester avec une glycémie trop élevée pour éviter de tomber en hypo… ». 

Depuis plusieurs années, l’Éducation Nationale s’efforce d’améliorer l’accueil et l’intégration à l’école des enfants atteints de diabète : facilités pour pratiquer les contrôles de glycémie ou les injections d’insuline, aménagements éventuels des repas à la cantine ou des activités sportives, possibilité de prendre une collation en cours en cas d’hypoglycémie… Pour cela, il faut établir un Plan d’Accueil Personnalisé, qui doit être demandé par les parents et établi avec la direction de l’école. Pour en savoir plus et télécharger les documents nécessaires, rendez-vous sur le site de l’Aide aux Jeunes Diabétiques.

 

Rencontrer d’autres parents d’enfants atteints de diabète

Partager ses peurs, ses craintes et ses expériences avec d’autres parents peut permettre de mieux vivre le diabète de son enfant. Votre diabétologue pourra également vous conseiller de vous mettre en contact avec des associations locales. « Rencontrer d’autres parents, entendre d’autres histoires permet aux parents de relativiser et aux enfants de mieux accepter leur maladie, explique Isabelle Gillard. Car quand les parents sont apaisés, l’enfant ira mieux, et sera rassuré ». 
 

INSTIT2405ADC316g-Mai 2017